© Aïda Muluneh, 99 Series, Series of seven photographs, 2013
Et de la terre sourd le rythme, sève et sueur, une onde odeur de sol mouillé
Qui trémule les jambes de statue, les cuisses ouvertes au secret
Déferle sur la croupe, creuse les reins tend ventre gorges et collines
Proues de tam-tams. Les tam-tams se réveillent, Princesse,
les tam-tams nous réveillent. Les tam-tams nous ouvrent
l’aorte.
Les tam-tams roulent, les tam-tams roulent, au gré du
cœur. Mais les tams-tams galopent hô ! Les tam-tams
galopent.
Princesse, nos épaules roulent sous les vagues, nos épaules
de feuilles tremblent sous le cyclone.
Nos lianes nagent dans l’onde, nos mains s’ouvrent nénuphars,
et chantent les alizés dans nos doigts de filaos.
© Léopold Sédar Senghor, « Epîtres à la Princesse » in « Ethiopiques » Balises – Nathan Paris, 1997
© Aïda Muluneh, 99 Series, Series of seven photographs, 2013
